Cette consultation s'inscrit également dans un contexte de forte crise, en réalité plus structurelle que conjoncturelle, de la recherche publique en France, dont l'avenir dépendrait à la fois d'un problème de moyens et d'organisation pour utiliser efficacement ces derniers.

Dans cette perspective, les entreprises sont sollicitées pour contribuer à hauteur des deux tiers au financement d'un effort national de recherche visant un objectif de 3% du PIB à l'horizon 2010 - ce qui signifierait un doublement de leurs dépenses de recherche et développement.

Cet objectif ne peut être envisagé que si leur rôle d'acteur à part entière de la recherche française, répondant avant tout à des impératifs de compétitivité, est reconnu sans ambiguïté et dans toutes ses dimensions.

Notre conviction est en effet que la recherche nationale n'aurait rien à gagner d'une approche instrumentale, limitée aux 'outils' dont les entreprises pourraient bénéficier, voire aux moyens financiers qu'elles pourraient fournir, quand la question du dialogue et de la coopération recherche publique / recherche privée reste essentielle.

Dans cette optique, le MEDEF et la CCIP souhaitent porter au débat leurs propres réflexions, qui ne constituent pas nécessairement des réponses aux questions a priori soulevées par le ministère. Constatant en effet dans ces questions 'officielles' un biais initial très marqué par les préoccupations internes, voire conjoncturelles, de la recherche publique, nos organismes doutent qu'une concertation menée sur cette seule base permette réellement de pointer les bonnes questions, si ce n'est de faire émerger les bonnes réponses.

Les premières observations du MEDEF et de la CCIP se déclinent en quatre axes :
- lier l'objectif de 3% à l'attractivité,
- fixer des priorités et faire des choix pour s'assurer d'un niveau d'excellence et de compétitivité,
- renforcer le maillage de la recherche publique et privée et professionnaliser davantage les partenariats,
- continuer à améliorer l'environnement de l'innovation.