Quand une technologie émergente fait parler d’elle dans la grande presse c’est qu’on commence à lui accorder un certain crédit et qu’on s’attend à ce qu’elle ait, au moins à terme, un sérieux impact. C’est précisément ce qui arrive à un processus de production, la « fabrication additive », qui a fait ces derniers temps, ce qui n’est pas banal, les gros titres du New-York Times et de The Economist avec des accroches aussi peu sobres que « a manufacturing revolution » ou « a manufacturing technology that will change the world ».
De fait la « fabrication additive », au-delà de la performance technique qu’elle représente, constitue une remise en cause de principes fondateurs de l’économie industrielle. Elle s’inscrit en effet en opposition au principe des économies d’échelle, véritable socle de la pensée industrielle, ainsi qu’à ses corollaires de grandes séries, d’investissements de masse, de concentrations capitalistique et géographique. En outre, prétendant mettre la fabrication de produits à la portée du plus grand nombre, elle vient défier un autre grand postulat : celui de la nécessité de compétences techniques préalables.
Comment ne pas y voir les ferments d’un nouveau modèle économique ?



