
› Friedland Papers
Février 2012
Le rythme et l’ampleur de la mondialisation actuelle imposent aux entreprises de nouvelles contraintes d’efficacité et de compétitivité. Un des moyens d’y parvenir consiste pour une entreprise à opter pour davantage de flexibilité et de réactivité en scindant sa chaîne de production et en s’approvisionnant en consommation intermédiaire auprès de producteurs plus efficients, dans le périmètre de l’entreprise ou à l’extérieur. En effet, la fragmentation des chaînes de valeur mondiales (CVM) permet d’accéder à des actifs stratégiques pouvant aider l’entreprise à exploiter des connaissances spécialisées, à optimiser leurs procédés de production et améliorer sa productivité, à différents endroits selon les facteurs de localisation optimaux de chaque pays.
La montée du chômage et la réflexion sur les nouvelles formes organisationnelles suscitent, une fois encore, de vifs débats entre partisans d'un patriotisme industriel et défenseurs d’une intégration économique internationale plus poussée. Dans ce contexte, il est intéressant d'analyser le processus de fragmentation des chaînes de valeur à l’aune des récentes crises. On s'emploiera, dans un premier temps, à donner quelques définitions essentielles pour, ensuite, appréhender l’étendue des chaînes de valeurs, à l'aide des données du commerce international. Dans un second temps, on s'interrogera sur l’actualité du débat. Les tendances structurelles à venir feront l’objet d’une troisième partie, afin de déceler de possibles remises en cause ou inversions dans les logiques organisationnelles actuelles des entreprises. In fine, on s'interrogera sur le cas - France, en suggérant quelques pistes de réflexion en matière de politique publique.
Janvier 2012
À l’heure où beaucoup déplorent la désindustrialisation de notre pays et en font une des causes de notre perte de compétitivité à l’international, à l’heure où certains prônent une réindustrialisation, il convient de se demander quelle est aujourd’hui la véritable nature de l’investissement et, plus encore, ce qu’elle sera demain. S’agit-il de relancer des programmes d’équipement à l’image de ceux qui firent les succès des Trente Glorieuses ou faut-il leur ajouter, voire leur substituer, ces « investissements immatériels » dont une certaine littérature fait notre planche de salut ? Né dans les milieux académiques, le débat envahit maintenant le discours politique. Il n’est que temps que les dirigeants d’entreprises, concernés au premier chef, à leur tour s’en emparent.
Septembre 2011
Après l’épisode 2002-2008, marqué par une flambée homogène des prix des produits de base, la pause intervenue avec la crise financière de 2008-2010 n’a été que de courte durée. Le dynamisme des pays émergents, la saturation des capacités de production, l’abondante liquidité injectée par les banques centrales et, aujourd’hui, les troubles politiques en Méditerranée sont autant d’éléments qui ont contribué à une nouvelle envolée généralisée des prix des produits de base. Si cette dernière a une forte incidence sur l’économie mondiale, elle a aussi profité à un ensemble de pays exportateurs de produits de base. La flambée actuelle des prix implique, en effet, un transfert de revenus des économies importatrices de produits de base vers les pays exportateurs, d’où une amélioration substantielle du pouvoir d’achat de ces derniers et un accroissement de leur demande.
Mai 2011
Quand une technologie émergente fait parler d’elle dans la grande presse c’est qu’on commence à lui accorder un certain crédit et qu’on s’attend à ce qu’elle ait, au moins à terme, un sérieux impact. C’est précisément ce qui arrive à un processus de production, la « fabrication additive », qui a fait ces derniers temps, ce qui n’est pas banal, les gros titres du New-York Times et de The Economist avec des accroches aussi peu sobres que « a manufacturing revolution » ou « a manufacturing technology that will change the world ».
De fait la « fabrication additive », au-delà de la performance technique qu’elle représente, constitue une remise en cause de principes fondateurs de l’économie industrielle. Elle s’inscrit en effet en opposition au principe des économies d’échelle, véritable socle de la pensée industrielle, ainsi qu’à ses corollaires de grandes séries, d’investissements de masse, de concentrations capitalistique et géographique. En outre, prétendant mettre la fabrication de produits à la portée du plus grand nombre, elle vient défier un autre grand postulat : celui de la nécessité de compétences techniques préalables.
Comment ne pas y voir les ferments d’un nouveau modèle économique ?
Avril 2011
Financement des start-up et stratégie d'innovation des grands groupes sont-ils compatibles ?
Le corporate venture capital est une partie du capital risque, assez peu développé et peu connu. Il s’agit pour des grandes entreprises de créer des fonds d’investissement en capital risque qui leur permettent d’investir dans la création et le développement d’entreprises porteuses de croissance.
Comment définir le corporate venture capital ? Quel est son rôle dans la chaîne de financement des entreprises ? Quels sont les enjeux stratégiques ? Quel type de relation s’établit entre la start-up et la grande entreprise ?
Mars 2011
Les prix de nombreuses matières premières flambent, en raison d'une part, de la forte croissance de nombreux pays émergents, et d'autre part, d'aléas climatiques exceptionnels qui ont entraîné de fortes tensions sur le marché des denrées alimentaires et des matières premières extractives.
Ces produits étant des intrants incontournables de l’activité réelle, l’évolution des prix des matières premières influence les prix de production et la compétitivité des entreprises, particulièrement celles les plus dépendantes des matières premières et les plus petites d’entre elles. Le transfert de cette augmentation des prix au stade final de consommation dépendra du « pouvoir de marché » (pricing power) de chaque intervenant de la chaîne de production. L’amélioration de la conjoncture industrielle, qui commence à être perceptible en Europe, devrait favoriser la diffusion de la hausse des prix de l’amont vers l’aval.
Mars 2011
On assiste, ces dernières années, à une utilisation croissante des pratiques de dumping, à une montée en pouissance des pratiques déloyales, qui, en affaiblissant progressivement les producteurs européens, permettraient à la Chine de gagner des parts de marché dans certains secteurs et d'acquérir le monopole de la commercialisation voire de la production de certains biens.
Février 2011
Encore quasiment inconnus il y a dix ans, les business angels sont en plein essor en France. Ils font aujourd’hui partie du paysage du financement des entreprises. Il s’agit ici, d’une part d’expliquer le rôle des business angels dans le système de financement des entreprises aux États-Unis et, d’autre part, d’analyser le développement de ce type de financement en France.
Dès lors que l’on aborde les thèmes innovation, financement et entrepreneuriat, le mythe de la Silicon Valley n’est pas loin. Tout comme cette région est devenue l’exemple en matière de territoire innovant, les business angels sont en train de devenir une sorte de mythe et de solution à tous les problèmes de financement des start-ups et des PME.